top of page

Travaux des champs

La vie à la ferme
Les travaux des champs étaient exécutés à la main. Plus l’exploitation était importante, plus il y avait de personnel (de domestiques). À la belle saison, les tâches principales étaient les fourrages, la moisson, et l’arrachage des légumes, pommes de terre et betteraves. L’hiver, c’était le battage en grange au fléau de l’avoine. L'équipe se trouvait renforcée au plus fort des travaux par de jeunes garçons gardiens d’oies ou de dindons.
Le recrutement des domestiques : le système des louées
C’était le rassemblement des personnels agricoles. C’est lors de ces louées que le fermier (le maître) venait chercher de la main-d’œuvre. Quelques jours avant cette journée, il demandait à son personnel s’il pensait rester ou pas à son service. Les bonnes places étaient convoitées, et ceux ou celles qui s’y trouvaient bien restaient. Dans certaines fermes, les patrons et leurs enfants prenaient leurs repas dans leurs chambres, servis par une servante. Les domestiques et le personnel journalier prenaient les repas dans la salle commune avec les servantes qui s’occupaient du service.Par contre, à d’autres endroits, le personnel faisait partie de la famille. Il n’était pas rare que pour une somme infime promise en supplément, un domestique quittât ce qu’on appelait alors une bonne maison, pour se louer dans une mauvaise. De même, pour un motif semblable, un patron laissait partir un bon domestique pour en louer un mauvais. En général, après une expérience décevante, employeurs et employés se retrouvaient à la louée suivante. Il faut dire que la vie à la ferme au début du siècle était assez rude, sans compter les drames sentimentaux qui pouvaient s'y jouer.
Les louées de Saint-Gondon: elles étaient parmi les plus importantes de la contrée. Ce n’était pas un chef-lieu du canton mais il y avait tout de même deux louées par an, et toujours un jeudi : - en juin, c'était le jeudi précédant la Saint Jean (origine de la date : le pèlerinage de Saint-Gondon du 17 juin)- en octobre, le dernier jeudi précédant la Toussaint.
Les gens se louaient de juin à octobre, et d’octobre à juin de l’année suivante.
Le personnel de la ferme comprenait généralement deux charretiers, deux valets, deux bonnes ou servantes, un vacher, un porcher, un berger s’il y avait des moutons, auxquels il fallait ajouter souvent plusieurs hommes de journée, dont certains étaient occupés la plus grande partie de l’année.Il pouvait y avoir aussi un faucheur. Des enfants gardaient les oies et les dindes. Ils aidaient aussi les servantes à la maison qui étaient souvent les premières levées et les dernières couchées. Les journaliers venaient pour la plantation et l’entretien des légumes, des fourrages, et la moisson. Les charretiers labouraient, charroyaient les fourrages et la moisson, ensemençaient à l’automne. L’hiver, si le sol était trop gelé, tout le personnel allait couper du bois.
Il y avait de nombreuses discussions sur l’entente du prix. Les patrons criaient misère : l’année avait été mauvaise, rien ne se vendait ! Les domestiques tenaient bon, et parlaient d’aller à la ville. Les filles étaient plus tenaces et devenaient de plus en plus rares sur les louées. Lents à se décider, toujours dans la crainte d’être dupés, maîtres et domestiques discutaient longuement avant de tomber d’accord.
On raconte qu’un Belge était venu rendre visite à un compagnon de combat de la Grande Guerre qui habitait Saint-Gondon, et s’est écrié 
: "C’est du marché aux humains !".
A la fin, il y avait une entente de prix, et s'il y avait accord, le patron donnait une pièce pour sceller l’accord.
La place de la Liberté à Saint-Gondon était noire de monde et la route de Gien-Sully était encombrée ; la circulation était complètement impossible dans cette rue principale de 9h à 13h. C’était une journée de fête : il y avait une fête foraine, un bal, de nombreux marchands, des bazars, et des marchands de vêtements. Les forains y étaient particulièrement nombreux : manèges, cirques, tirs, marchands de berlingots et de gâteaux, loteries. Les cafés et restaurants étaient submergés : beaucoup de domestiques se réunissaient à quatre pour manger l’oie rôtie arrosée copieusement pour fêter l’embauche comme il se doit, et les artisans venaient faire un tour sur la louée vers midi pour y rencontrer les fermiers et surtout pour trinquer.
Les faucheurs 
Les foins étaient coupés à la faux nue. Les faucheurs commençaient la journée au point du jour car l’herbe se coupe très bien avec la rosée. Les faux étaient battues deux fois par jour (le midi après le repas et le soir avant de quitter la prairie).Les hommes prenaient leurs repas sur place.Le soir, il n’était pas question d’engranger du fourrage humide dans les granges. Les endains étaient donc retournés à la fourche, de façon à ce que le fourrage sèche. Puis il était ramassé et mis en cachons avant d’être rentré. Quand il faisait humide il fallait le retourner plusieurs fois. S'il ne sentait pas bon, on y incorporait du sel, de façon à ce que les bêtes le consomment mieux.
Le système de moisson à la main : Le fauchage
Au début du siècle, les céréales étaient fauchées avec un harnais. Il s'agissait d’un manche supportant une faux et un système de dents qui retenait les tiges, pour éviter qu’elles ne se couchent. Les dents étaient plus écartées pour le blé et le seigle que pour l’avoine. Chaque faucheur avait à la ceinture un coffin dans lequel il y avait de l’eau pour mouiller la pierre à aiguiser, et un petit marteau pour resserrer le coin qui tenait la faux.L’équipe se composait du « capitaine » (sans doute le plus ancien) et autant d’hommes que de femmes.
La moisson : l'emploi du temps
Le "capitaine" passait à la ferme de très bonne heure pour y récupérer la cruche à eau et la «besace » (sac contenant du pain). Le travail commençait au point du jour car, comme pour le fourrage, la coupe était meilleure à la rosée. Les hommes fauchaient, les femmes ramassaient et confectionnaient les menvées qui devenaient des gerbes après le liage. Vers sept heures, le patron apportait de quoi boire et casser la croûte, puis le travail reprenait jusqu’à midi. Le soleil était déjà haut. Le repas du midi était apporté par le vacher qui déjeunait avec l’équipe, de façon à remporter les plats à la fin du repas. C'était chaque jour le même : soupe de pot-au-feu de cochon, chou, fromage, et vin ou cidre comme boisson. Sitôt le repas terminé, tout le monde faisait la « mézienne ». À la reprise du travail les hommes battaient les faux. Les femmes préparaient les liens et liaient les gerbes. Lorsque les faux étaient entretenues, les hommes rejoignaient les femmes pour lier. Le patron apportait le petit goûter : c’était une trempée au vin et du fromage mou, et un morceau de fromage pour terminer, le tout arrosé de vin, de cidre, ou d’eau. Il restait ensuite à aider ou mettre en moyettes (terriaux) et remportait la cruche à eau et le sac à pain. En règle générale, ce qui avait été fauché dans la journée devait être en terriaux le soir. Les équipes rentraient à la tombée de la nuit à leur domicile.
Le liage :
Il y avait une technique particulière pour lever la gerbe et passer le lien : il fallait passer son pied sous les deux, et lever l'ensemble de façon à passer le lien. Arrivée de la mécanisation. Ce travail manuel s’est arrêté avec l’arrivée de la mécanisation entre le début du siècle et la guerre de 1914-1918. On a vu en effet l'arrivée des faucheuses, javeleuses, et faucheuses-lieuses. Les fermiers et les vieux charretiers ne voulaient pas monter sur ces nouveaux engins. Ce sont donc les jeunes qui en bénéficiaient. (M. Vieugué conduisait une faucheuse-lieuse à l’âge de 14 ans).
Le stockage de la moisson.
La moisson était stockée dans les granges, ou en meules. L’édification d’une meule demandait beaucoup d’attention ; Il fallait garder la symétrie sur tout le tour, et il ne fallait surtout pas que l’eau pénétre à l'intérieur ! Quand le battage se faisait tard, le fermier paillait les meules pour parfaire l’étanchéité. À la fin de tous ces travaux, tout le personnel ayant participé à la moisson était convié à la ferme au banquet de moisson.
Le battage : Les outils pour le battage.
Il y avait quelques engins comme les trépigneuses qui étaient mues par un système de manège tourné par un cheval. Les batteuses sont arrivées au XXe siècle. En attendant, la paille était liée à la main et les herbes récupérées dans une toile. La locomobile à vapeur était le seul moyen pour mouvoir la batteuse. Le matériel de coopérative de battage de Saint-Gondon a été acheté en 1935. Le chauffeur de la locomobile était Patient Gaurier, et l’engreneur Maurice Robinot.
Période de battage :
Les batteuses commençaient à travailler dans la campagne vers le 14 juillet. Au début, le grain était battu pour alimenter les fermes qui n’avaient plus de grains pour nourrir les bêtes. À partir du 15 août, on battait de fermes en fermes toutes les récoltes.
Emploi du temps des gars des batteuses. Les gars des batteuses - comme on les appelait - faisaient 14 ou 15 heures par jour . 

bottom of page